Pastorales tahitiennes – Paul Gauguin

Pastorales tahitiennes   Paul Gauguin

Alors que les peintures des impressionnistes ont une certaine unité stylistique, l’œuvre de Paul Gauguin, le troisième des plus grands maîtres de la période post-impressionniste, est totalement différente de l’œuvre de Cézanne ou Van Gogh. Gauguin décide de devenir peintre à seulement 40 ans et est autodidacte. Gauguin a commencé, partant de l’impressionnisme et s’efforçant de généraliser la couleur et la forme.

Il a créé ses meilleures œuvres sur les îles de l’océan Pacifique, où il a passé les dernières années de sa vie presque sans interruption. Dans le paradis primitif intact

des îles exotiques, des beautés de Tahiti et des îles Marquises, il a cherché refuge contre la civilisation bourgeoise opprimée. Gauguin a décidé d’entourer son art d’un halo de mystère, de symbolisme caché. Les indigènes semblaient à l’artiste de belles créatures harmonieuses, vivant une seule vie avec la nature environnante. Le chant du “paradis du Pacifique” est le contenu de l’œuvre de Gauguin.

La plupart de son travail a été résolu sous la forme d’un panneau décoratif, construit sur une combinaison de longues arabesques et de grands plans de couleur, divisant le paysage en plusieurs parties. Gauguin ne cherche pas à modéliser les formes, préférant des plans clairs et bien définis. À l’aide de couleurs vives, Gauguin reproduit une sensation de chaleur presque réelle. Gauguin dépeint des femmes tahitiennes sur fond de nature tropicale. Des figures de femmes peintes naturellement, leurs visages grossiers attirent avec une beauté “sauvage” particulière. La monumentalité des images, délibérément statique, le jeu de grands points lumineux, symbolise l’unité de l’homme avec la nature dans un monde vierge de civilisation.

L’Ermitage détient une peinture par laquelle l’artiste donne un titre idyllique, quoique quelque peu maniéré, “Pastorales tahitiennes”.

Ici, comme dans ses autres œuvres matures, Gauguin refuse complètement de transmettre l’éclairage; sa couleur devient locale et immobile. Dans le même temps, il cherche à simplifier de manière concise la forme et à réduire la profondeur prospective. L’image prend un caractère plat et décoratif.

Gauguin est plus cohérent et persistant que les autres artistes vont à la synthèse des couleurs. Dans ses toiles, diverses nuances tonales se transforment en combinaisons de couleurs stables et contrastées. Ainsi, dans les “pastorales tahitiennes”, l’eau de la rivière, dans laquelle se reflète le ciel coucher de soleil, est véhiculée par une combinaison de taches cramoisies, rouge sang et violettes. Le même point de jaune pur devient une bande de sable côtière, et la rive herbeuse opposée de la rivière a été donnée par l’artiste sous la forme d’un plan vert émeraude non divisé.

Extrêmement saturé, à la fois une coloration festive brillante et tendue, donnant à la toile une ressemblance avec un tapis oriental, introduit l’esprit d’exotisme épicé dans l’image, accentue la différence entre le monde représenté et la vie quotidienne morne d’une vie “civilisée”. Gauguin veut créer une idylle: cela se manifeste dans une composition libre et simple, au rythme lent, comme paresseux des corps humains et des plantes.

L’artiste essaie de donner une image d’un monde idéalement beau, bien qu’il existe une certaine nuance littéraire, voire artificielle, chez les pasteurs tahitiens. Et en même temps, dans les figures de femmes tahitiennes, vêtues de courtes robes blanches, dans les détails de premier plan – un navire rappelant les amphores anciennes, dans un chien maigre couché à proximité – des caractéristiques liées à l’esprit classiquement simple et calme de l’antiquité se font soudain sentir. Dans l’art de Gauguin – l’une des origines du style Art nouveau qui a prospéré au tournant des XIXe et XXe siècles.

Le tableau est entré à l’Hermitage en 1948 depuis le Musée d’État du Nouvel art occidental de Moscou.

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